Malick Pathé Sow {Myspace} Belgique / Sénégal
Musique peulh du Fuuta Toro au son du hoddu (luth africain)
![]() |
Malick Pathé Sow : chant, hoddu et guitare |
Situé à la croisée des chemins entre la tradition de la musique peulh du Fuuta Toro (le long du fl euve, au nord du Sénégal) et le modernisme des tendances africaines actuelles, le groupe du griot Malick Pathé Sow réunit quatre artistes africains.
Le musicien Malick Pathé Sow est issu de la famille des Laawbe, appartenant à une caste sénégalaise d’artisans, de luthiers et de musiciens qui accordent une place primordiale à la transmission orale des savoirs. En vrai griot, il fut donc initié dès son plus jeune âge à la pratique du chant et du hoddu (luth d’Afrique de l’Ouest) dans lequel il révéla rapidement toute l’étendue de son talent. Il fut durant dix ans le compagnon de route de Baaba Maal avec lequel il forma le trio Yelitaare Fouta avant de s’installer en Europe.
Créé en 1995 à Bruxelles, le groupe de Malick Pathé Sow mêle les mélodies traditionnelles et actuelles tout en respectant les styles et rythmes typiques des grands espaces de la région du Fuuta Toro, fleuve sur lequel tanguent sereinement pirogues mauritaniennes et sénégalaises. Le résultat est une musique métissée, claire et réjouissante, qu’illumine la belle voix de Malick, mise en valeur par des arrangements subtils et variés.
Les textes soulignent la nécessité de défendre la culture peulh, la nostalgie du pays, le sort des moins nantis, des prisonniers politiques en Mauritanie, les difficultés engendrées par l’exil hors d’Afrique, par l’émancipation de la femme africaine… Ils font également référence à des personnalités marquantes du Sénégal, trop méconnues : Cheikh Amadou Bamba, Baydi Kacce… Chaque interprétation se veut riche d’enseignements et conserve l’esprit de l’adage d’Amadou Hampatè Bâ selon lequel « un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ».
Depuis ses origines, le groupe s’est régulièrement produit en Belgique mais aussi à l’étranger et a acquis une réputation grandissante en Europe (Sfinks Festival, Fêtes de la Musique à Genève, Festival Couleur Café, Festival Blues sur Seine, Paradisio d’Amsterdam…). Il a également assuré la première partie de Baaba Maal à la Cigale à Paris et d’Ernest Ranglin à l’Ancienne Belgique.
Le quatrième album du groupe, produit par Muziekpublique, « Maayo Men » (« Notre fleuve »), sorti en janvier 2009, marque un retour à une orientation acoustique, privilégiant les sonorités à la fois douces et puissantes de la voix de Malick et du hoddu et recèle toute la chaleur, la beauté et l’authenticité de la musique traditionnelle sénégalaise. Il rend hommage à une frontière aquatique devenue, après des années de conflit, un lieu de rencontre paisible pour les communautés sénégalaise et mauritanienne. La nature, la question du patrimoine inguistique et l’appel à l’unité au-delà des différences, sont autant de thématiques aussi actuelles dans le pays d’origine que dans le pays d’accueil de ces musiciens réunis dans le quartier de Matonge à Bruxelles.
Rythmée au son lancinant de sa guitare ou de son hoddu, la voix douce de Malick Pathé Show ne cesse d’envoûter l’auditeur. Ce blues acoustique et paisible issu des guitare, basse et batterie, veille à redonner une place de choix aux superbes instruments traditionnels que sont le hoddu, la kora (harpe africaine), le nianiooru (violon africain)… À travers ces hommages à des personnages aussi infl uents que méconnus, c’est toute la culture du peuple peulh qui est ici esquissée.
